REGARDS SUR LA SOCIETE AFRICAINE

« Le transfert des concepts imposés comme prêt-à-porter sur des réalités exotiques peut-il être fécond ou seulement opératoire ? Mais, à l’inverse, faut-il singulariser les réalités africaines au point qu’elles doivent relever d’une science spéciale ou d’une vision tropicalisée de la science ? Nous ne pouvons nous soustraire à la trajectoire de l’homme dont nous faisons partie intégrante ; mais s’il est bon de nager dans l’universel, encore faut-il ne pas s’y noyer. » Cette thèse d’une brûlante actualité, imprègne de part en part, toute l’œuvre de l’éminent historien.

Assumant son intellectualité dans les dures conditions d’une Afrique qui se cherche, Joseph Ki-Zerbo a soumis au crible de la critique la notion de spécificité d’hier à aujourd’hui. Il s’est interrogé sur les rapports entre particularisme et universalité et a analysé l’évolution de la femme dans son triple statut de mère, d’épouse et de citoyenne.

S’efforçant de faire sienne la démarche positive, l’historien burkinabé investit, avec la même rigueur, aussi bien les causes du retard de l’Afrique que les facteurs de la crise des jeunes Etats du Continent Noir. Dans le même esprit, il aborde la problématique genre-développement, met en évidence l’originalité des institutions africaines traditionnelles et attire l’attention sur le sens de la créativité qui a prévalu dans les sociétés africaines.

Pour toutes ces raisons le lecteur comprend pourquoi ces textes qui lui sont proposés s’insèrent dans le cadre du Projet « Histoires d’Afrique » soutenu par le Gouvernement du Grand-Duché du Luxembourg à travers Lux Development, Agence luxembourgeoise pour la Coopération en Développement.

Par la problématique qu’il pose et le sens de ces interrogations, Ki-Zerbo donne ici et encore, une contribution de haute facture, au développement des sciences sociales en Afrique.

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