AUDIENCE AU MINISTÈRE DE LA CULTURE DES ARTS ET DU TOURISME

Audience au MCAT

Une délégation de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’histoire et le développement endogène de l’Afrique rend visite au ministre Abdoul Karim Sango

Une délégation de la fondation Joseph Ki-Zerbo a été reçue en audience, ce jour 25 juin 2018 par le Ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme. Au sortir des échanges, Françoise Ki-Zerbo, administratrice générale de la Fondation s’est dite satisfaite de l’entretien qui a porté sur la culture et le développement. Elle a poursuivi en ces termes : Qui parle de développement endogène parle de culture. Nous nous sommes fait le devoir de venir présenter la Fondation au Ministre, lui présenter ses acquis et proposer un partenariat pour mettre à disposition le leg intellectuel dont nous disposons pour que le développement se fasse à partir de la culture afin que celle ci soit mise en première ligne pour un développement véritable, crédible et durable de notre pays.

VISITE DU CAMES A TOMA

Le Vendredi 18 Mai 2018, une délégation du CAMES a rendu visite à la famille du Professeur Joseph Ki-Zerbo à Toma dans la province du Nayala. Cette visite rentre dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).

En prélude aux cérémonies commémoratives du cinquantenaire du CAMES qui ont débuté le 25 Mai 2018 et se poursuivront jusqu’au 1er Juin 2018, une délégation du CAMES avec à sa tête le Professeur Bertrand Mbatchi, Secrétaire Général a rendu visite à la famille du premier Secrétaire Général du CAMES. L’objectif de cette visite était de se recueillir sur la tombe du Professeur Joseph Ki-Zerbo et demander sa bénédiction.

La délégation du CAMES a été accueillie par les membres de la famille, les représentants des autorités coutumières, administratives, municipales, religieuses et des proches de la famille.
Le doyen de la famille Jean-Baptiste Ki-Zerbo, dans le mot introductif, a dit que la présence de la délégation du CAMES à Toma prouve que le Professeur a bien travaillé et a travaillé pour tout le monde. Il a également rappelé que lorsque la création du CAMES a abouti, le Professeur Joseph Ki-Zerbo l’a expliqué à son père qui a fait des bénédictions pour cette œuvre qui naissait.

Le représentant du Chef de canton de Toma qui a ensuite pris la parole a béni le CAMES pour l’honneur que la délégation leur fait à travers cette visite. Il a expliqué que le Professeur est devenu un fils du Burkina et un fils de l’Afrique toute entière. Puis le représentant du maire de la commune de Toma a exprimé sa reconnaissance quant à l’honneur qui leur est fait. Par ailleurs, il est fier du fait que le premier historien agrégé de l’Afrique est originaire de sa commune.

Le Secrétaire Général du CAMES a, pour sa part remercié la famille et les autorités pour l’accueil chaleureux. Il a rappelé que les morts ne sont pas morts. Selon lui, tout pionnier connaît des difficultés dans ce qu’il entreprend, c’est la raison pour laquelle il salue la mémoire du Professeur Ki-Zerbo. Il a ensuite demandé sa bénédiction au sujet des réflexions qui vont être menées par les experts et les autorités du CAMES au cours des prochaines rencontres de haut niveau qui auront lieu à Ouagadougou dans le cadre de la l35ème session du Conseil des Ministres du CAMES.

Après le protocole d’accueil, la délégation s’est rendue dans le caveau familial pour s’incliner devant les tombes de Dii Alfred Diban Ki-Zerbo, père du Professeur, de Thérèse Folo Ki, sa mère, de Joseph Ki-Zerbo et de son épouse Jacqueline Coulibaly .

A la suite de l’évocation de la vie de Dii Alfred Diban Ki-Zerbo, il est aisé de comprendre d’où provenaient l’inspiration et l’énergie du Professeur Joseph Ki-Zerbo. Un adage bien de chez nous dit que « le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre ».

Une inscription sur le livre de visites du caveau familial par le Professeur Bertrand Mbatchi, Secrétaire Général du CAMES, puis un recueillement sur sur la place Joseph Ki-Zerbo ont marqué la fin de la visite. Le CAMES a donc la bénédiction du Professeur Joseph Ki-Zerbo pour le programme du cinquantenaire.

ATELIER DE FORMATION DE JOURNALISTES EN DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE

I. INTRODUCTION

Le Mardi 15 Mai 2018 s’est tenue au siège de l’Association Burkinabé pour le Management et la Qualité (ABMAQ) l’atelier de formation sur le thème : « Journalisme et développement endogène » organisé par la Fondation Joseph Ki-Zerbo, sous le parrainage de Son Excellence, Monsieur le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Rémis Fulgance DANDJINOU.

Trente-trois journalistes du secteur public et privé de Ouagadougou et de six régions à savoir : le Sahel, le Sud-Ouest, les Hauts Bassins, l’Est, la Boucle du Mouhoun et le Nord.

La liste des participants est jointe en Annexe n°1,

La formation a été assurée par les Professeurs Fernand SANOU, Alain SISSAO et Serge Théophile BALIMA.

Le Professeur Fernand SANOU a, à partir de 1969, occupé plusieurs postes de responsabilité administrative au sein des ministères chargés de l’éducation (Secrétaire général des services de 1972 à 1975, directeur général de la culture de 1976 à 1978, Secrétaire général du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique en 1982-1983) avant d’enseigner à l’Université de Ouagadougou, entre 1982 et 2002, puis rejoindre l’équipe des experts chargés de l’étude prospective « Burkina 2025 » en 2002 et, depuis lors, d’autres équipes prospectives (défense nationale et sécurité, études thématiques sur l’énergie, le coton et le sida ainsi que la santé). Il a à son actif de nombreux articles et travaux de consultation. Il est chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques (1999) et commandeur de l’Ordre National (2015)
Le Professeur Alain SISSAO est titulaire d’un doctorat nouveau régime de l’Université Paris XII- Val-de-Marne, d’un DESS d’Ethnométhodologie de l’Université Paris VII, d’une maîtrise d’Animation Culturelle et Sociale de l’Université Paris VII et d’une maîtrise en Lettres Modernes de l’Université de Ouagadougou.

Actuellement Directeur de recherche à l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS) du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRST), il est impliqué dans plusieurs projets nationaux de recherches notamment sur la littérature orale et le développement endogène du patrimoine culturel burkinabè. Il est l’auteur de plusieurs publications d’articles scientifiques et d’ouvrages.

Le Professeur Serge Théophile BALIMA, est professeur de journalisme et de sciences de l’information et de la communication à la retraite. Ancien journaliste, ancien ministre et ancien ambassadeur

Le résumé des curriculums vitae des communicateurs/modérateurs est joint en Annexe n° 2.

II. OBJECTIFS DE l’ATELIER

2.1 Objectif général

L’objectif général de l’atelier était de former les journalistes au concept du développement endogène, de renforcer leurs capacités.
2.2 Objectifs spécifiques

Il s’est agi, de manière spécifique, de :
 permettre aux journalistes d’avoir une plus ample connaissance du concept du développement endogène ; de se l’approprier
 favoriser l’analyse des projets et programmes de développement sur la base du concept de développement endogène.

2.3 Résultats escomptés
A l’issue de l’atelier de formation, les journalistes devraient :
 avoir une meilleure connaissance du concept de développement endogène
 être formés au concept du développement endogène de manière à en faire une grille d’analyse des projets et programmes de développement.

III. METHODOLOGIE

L’atelier s’est tenu exclusivement sous forme de séances plénières, sur la base des Termes de Référence ci-joint, en Annexe n° 3.

IV. DEROULEMENT DE L’ATELIER

4.1 Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue de Madame Françoise KI-ZERBO, Administratrice Générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo.

C’est avec une fierté légitime qu’elle a accueilli le parrain de la cérémonie, Son Excellence Monsieur le Ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, les formateurs, les organisateurs de l’atelier et les participants aux noms des membres de la Fondation Joseph Ki-Zerbo et leur a exprimé toute sa gratitude.

Elle a rappelé l’article du Professeur Serge Théophile BALIMA intitulé « Joseph KI-ZERBO : un communicateur pour le développement de l’Afrique » publié dans les Mélanges qui lui ont été offerts, sous le titre « Développement endogène de l’Afrique et mondialisation. Pour une relecture de la pensée du Professeur Joseph Ki-Zerbo». Ce texte a conforté l’équipe de la Fondation dans l’idée de renforcer les capacités des journalistes et communicateurs du Burkina Faso, afin qu’ils jouent leur rôle unique, primordial, fondamental pour le développement de notre continent.

Elle a encouragé les journalistes à assumer leurs responsabilités, car ce que Joseph Ki-Zerbo a appelé « l’endogène-vivant » est un théorème qui nécessite une vérification expérimentale et la contribution des citoyens appelés à être des « Valeurs Ajoutées ».
Le parrain de la cérémonie, Son Excellence Monsieur le Ministre Rémis Fulgance DANDJINOU, s’adressant aux journalistes, ses confrères et consœurs, leur a fait comprendre qu’en s’appropriant le concept du développement endogène, ils seront en mesure de procéder à une analyse beaucoup plus pertinente et incisive des politiques publiques, des projets et programmes mis en œuvre.
Avant de déclarer l’ouverture de l’atelier, et paraphrasant le Professeur Joseph Ki-Zerbo, il a souhaité que nous soyons ici et maintenant une valeur ajoutée, et invité à l’investissement pour la construction de la pyramide de notre génération.

Le programme de travail, de l’atelier a été adopté sans amendements. Il est joint en annexe n°4.

4.2 Communications

Les communications ont abouti aux conclusions suivantes :

Parler de l’homme au cœur du développement c’est en fait parler du développement de l’homme lui-même, a souligné le Professeur Fernand SANOU. Lutter contre les inégalités socioéconomiques entre les hommes d’un même pays ou de différents pays, c’est reconnaître la dignité de l’homme au-delà du fait qu’il est producteur et consommateur, moteur du développement.
Les réflexions du Professeur Joseph KI-ZERBO sur le développement montrent un très large balayage des différentes disciplines des sciences sociales, y compris la philosophie ou de la psychologie, sans compter la théologie Elles représentent une invitation aux spécialistes des sciences économiques à ne plus s’enfermer dans leurs seuls paradigmes et chiffres pour tenir compte de la particularité de l’homo economicus qui est l’alpha et l’oméga de l’activité économique.

Le Professeur Alain SISSAO, a, à partir du film documentaire du réalisateur Dani Kouyaté intitulé « Joseph Ki-Zerbo. Identités, identité pour l’Afrique» qu’il considère comme étant un outil de transmission de valeurs africaines, mis en lumière la lutte, les convictions, les craintes et espoirs de Joseph KI-ZERBO ainsi que la devise « On ne développe pas ; on se développe. »

Le Professeur Serge Théophile BALIMA a, pour sa part, traité de l’utilité du concept de développement endogène pour le journaliste.

Selon lui, Joseph Ki-Zerbo, au-delà de sa vision de l’historien africain, s’est affirmé dans ses œuvres comme un théoricien de la communication pour le développement humain. Il a traité les modules suivants :

 Contribution des médias à la diffusion de la connaissance sur le développement endogène ?
 Repères journalistiques pour le traitement de l’information relative aux programmes de développement
 Cas pratiques pour traiter l’information à partir de la grille du développement endogène.

Les textes des communications et modules de formation sont joints, en Annexe n° 5.

4.3 Résumé des débats
Les journalistes ont posé plusieurs questions aux formateurs. Les débats ont permis d’expliquer :

 en termes simples la notion de développement (le fait de devenir meilleur, de s’améliorer soi-même) et celle de Bien commun (l’ensemble des conditions qui permettent à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement). Un exemple de Bien commun est la terre qui participe au développement de l’homme, de tous les hommes.
 que le fait que l’Afrique a tendance à s’appuyer sur l’extérieur pour se développer est réel et va à l’encontre du vrai développement qui est endogène, basé sur soi, sur l’Afrique elle-même.
 le rôle des hommes de médias qui est de faire mieux comprendre le message du vrai développement, ce qui est le but de la présente formation.
 la recommandation de ne pas s’autodétruire qui indique bien que les facteurs d’autodestruction sont les inégalités, la non-reconnaissance réciproque, l’éloignement du Bien commun.
 que le développement endogène n’est pas une voie facile et accepté d’office par tous.
 que la formation des agents du développement à la base est très importante.
 que la décentralisation est une opportunité et non une faiblesse.
 la nécessité de se convertir aux valeurs de démocratie. Il faut également respecter le droit des minorités
À l’issue des travaux, Monsieur Adama SOUGOURI, journaliste à la radio « VOIX DU PAYSAN » de Ouahigouya a, au nom des participants, communiqué des recommandations faites à la Fondation Joseph Ki-Zerbo.

V. DECLARATION DES PARTICIPANTS – RECOMMANDATIONS

Les participants à l’atelier ont fait la déclaration, par la voix de Monsieur Adama SOUGOURI, journaliste à la Radio « Voix du Paysan » de Ouahigouya, une déclaration contenant des recommandations, dont le texte est ci-joint en Annexe n° 6.

Les recommandations sont :
 La mise en place d’un réseau de journalistes en développement endogène parrainé par la Fondation Joseph Ki-Zerbo,

 L’organisation d’une série de formation dans les 13 régions du Burkina à l’attention des journalistes des medias locaux de proximité en développement endogène,

 L’instauration d’un prix sur les meilleures productions journalistiques en développement endogène.
VI. REMISE D’ATTESTATIONS ET DE LIVRES

La Fondation Joseph Ki-Zerbo a remis au parrain, Monsieur le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, parrain de la cérémonie, aux formateurs, Professeur Fernand SANOU, Professeur Serge Théophile BALIMA, Professeur Alain Joseph SISSAO, des attestations de reconnaissance
Les participants ont reçu des attestations de formation.
Des livres du Professeur Joseph Ki-Zerbo ont été offerts au parrain, aux formateurs et aux participants. Il s’agit de « Réflexions sur le développement endogène » ; « A quand l’Afrique ? » ; des livres d’hommage tels que « Hommages et témoignages au Professeur Joseph Ki-Zerbo » ; « Conférence Joseph Ki-Zerbo en hommage au Professeur Joseph Ki-Zerbo, Conférence Inaugurale du cycle de conférences sur des thèmes prioritaires du programme de l’UNESCO en faveur du continent africain » ainsi que le DVD intitulé « Joseph Ki-Zerbo. Identités, identité pour l’Afrique ».

VII. CLÔTURE DE L’ATELIER

Madame l’Administratrice Générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo, tout en souhaitant un bon retour aux formateurs et participants en leurs domiciles respectifs et à leurs champs d’activités, a déclaré clos, l’atelier de formation de journalistes en développent endogène.

Ouagadougou, le 15 Mai 2018
Les Modérateurs Le Rapporteur
Professeur Serge Théophile BALIMA Relwendé Hervé ROUAMBA
Professeur Fernand SANOU
Professeur Alain Joseph SISSAO

ANNEXES

Annexe n° 1 : Liste des participants

Annexe n° 2 : Résumé des curriculum-vitae des formateurs

Annexe n° 3 : Termes de référence de l’atelier

Annexe n° 4 : Programme de travail

Annexe n° 5 : Texte des communications et modules de formation

Annexe n° 6 : Déclaration des participants – Recommandations

Me Françoise Ki-Zerbo : « En réalité, tout le monde s’est développé de façon endogène »

Qu’est-ce que le concept de « développement endogène » ? A l’occasion de la commémoration du 10e anniversaire posthume du Pr. Joseph Ki-Zerbo, Françoise Ki-Zerbo, administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour le développement endogène de l’Afrique, reviens sur le sens du développement endogène.

Joseph Ki-Zerbo a tenu à donner sa définition du terme « développement  » lui-même importé qui signifie selon lui « bien sûr avoir, savoir, mais surtout pouvoir. » Selon lui « Se développer, c’est multiplier ses possibilités de choix libérateurs. » « Se développer, c’est être, être toujours plus, se reproduire et pas seulement produire. Participer par co-responsabilité. »

En pédagogue, Joseph Ki-Zerbo a pris le soin de définir avec précision, les concepts de « développement » et de « développement endogène ».

Le développement c’est le passage de soi à soi-même à un niveau supérieur. Le développement est la multiplication des choix quantitatifs et qualitatifs.

Dans son livre « A quand l’Afrique ? » Il nous dit : « Si on se développe, c’est en tirant de soi-même les éléments de son propre développement. En réalité, tout le monde s’est développé de façon endogène. Personne ne s’est installé sur la place publique en tendant sa sébile dans la main en attendant d’être développé. »

Chez Joseph Ki-Zerbo, le concept du développement endogène ne relève pas de la théorie pure. Dans le livre intitulé « POUR UN DEVELOPPEMENT ENDOGENE DE L’AFRIQUE. La natte des autres » Joseph Ki-Zerbo insiste sur la nécessité de se connaître pour se développer véritablement. Selon lui, il faut « … aller d’abord au cœur des terroirs, sur le terrain ; ne théoriser qu’à partir de l’exploration concrète, faire ce détour en nous-même, qui, bien que semé d’embûches et d’épreuves, demeure la voie royale pour déboucher honorablement à terme, dans le vaste océan du monde. »

Il précise que ce mouvement vers nous-même ne doit pas être considéré comme étant nostalgique ou romantique comme une fuite en arrière, mais doit être réaliste et déterminé, comme la quête d’un tremplin pour mieux atteindre l’avenir.

Le concept de développement endogène

Le concept de développement endogène est au cœur de l’œuvre du Professeur Joseph Ki-Zerbo.

A l’occasion de la célébration du dixième anniversaire posthume du Pr. Joseph Ki-Zerbo, Me Françoise Ki-Zerbo a accordée une interview à la télévision Burkina Info dans laquelle elle a abordé largement la notion de développement endogène. Voici, dans les lignes qui suivent, un extrait de cet entretient, concernant la place qu’occupe le concept de développement endogène dans le vaste champ de l’œuvre de Joseph Ki-Zerbo.

Le concept de développement endogène est au cœur de l’œuvre, de la réflexion et de l’action du Professeur Joseph Ki-Zerbo. Dans le MESSAGE A LA JEUNESSE AFRICAINE de Joseph Ki-Zerbo (qui s’adresse en réalité à tous les enfants du Continent) contenu dans son premier livre posthume intitulé « REPERES POUR L’AFRIQUE » composé de textes sélectionnés par lui-même :

L’Afrique a une histoire. L’Afrique, berceau de l’humanité, a enfanté l’histoire. Malgré des obstacles géants, des épreuves majeures et des erreurs tragiques, l’Afrique a illustré notre aptitude au changement et au progrès : notre historicité. Mais celle-ci doit, par la conscience historique, gouverner les trois moments du temps : le passé, le présent et la projection vers l’avenir. L’invocation par nous du passé seul, du passé simple, ne prouve rien pour le présent et l’avenir, alors que la convocation d’un présent médiocre ou calamiteux comme témoin à charge contre nous, peut mettre en doute notre passé et mettre en cause notre avenir. C’est pourquoi chaque Africaine, chaque Africain doit être, ici et maintenant, une valeur ajoutée.

Il faut rappeler qu’en 1972, Joseph Ki-Zerbo écrivait le livre de référence « Histoire de l’Afrique de noire. D’hier à demain ».

Il l’a dit et rappelé : LE DEVELOPPEMENT SERA ENDOGENE OU NE SERA PAS.

Pour Joseph Ki-Zerbo, le développement n’est pas une course olympique. Il faut rejeter dès le départ cette idée fixe tellement nocive qui consiste à dire : « Il y a des pays qui sont en retard et ce retard, ils doivent le rattraper par un transfert d’un certain nombre de procédures, de procédés, de techniques qui leur permettront d’absorber ce retard. Avec cette approche, nous sommes sûrs que tout sera perdu, non seulement la culture mais aussi le développement économique et matériel lui-même.

Source : Extrait de l’entretient accordé à la télévision Burkina Info par Me Françoise Ki-Zerbo

Des mélanges offerts au Pr. Joseph Ki-Zerbo à l’occasion des dix ans de sa disparition

« Développement endogène de l’Afrique et mondialisation. Une relecture de la pensée du Pr Joseph Ki-Zerbo ». C’est le titre donné à l’œuvre collective dédiée au Professeur Joseph Ki-Zerbo, présentée ce mardi 6 décembre 2016 au sein de l’Université Ouaga I Pr. Joseph Ki-Zerbo. L’un des moments forts de la commémoration du 10e anniversaire posthume du Professeur Joseph Ki-Zerbo fut la présentation, cet après-midi du mardi 6 décembre, des mélanges offerts au Professeur. Il s’agit de contributions d’intellectuels africains et du monde à travers 61 articles produits suivant une quinzaine d’axes de la pensée de l’illustre historien, sous la coordination des Professeurs Fernand Sanou et Alain Joseph Sissao. Les contributions sont regroupées en trois grandes parties que sont : l’Identité, le Développement endogène, l’Intégration africaine. L’œuvre collective de 1302 pages a été préfacée par le Pr. Filiga Michel Sawadogo, ministre des enseignements secondaires et supérieurs. Selon lui, la publication de l’ouvrage collectif est encourageante pour l’héritage laissé par le Professeur Joseph Ki-Zerbo. Il a interpellé les étudiants et enseignants à poursuivre l’œuvre du Pr. Joseph Ki-Zerbo dont l’héritage appartient désormais à toutes les disciplines.

Pour l’Administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo, Me Françoise Ki-Zerbo cette œuvre collective est « la preuve que la pensée du Pr est vivante ». Le Pr. Amadé Badini a, pour sa part, affirmé que « Ces mélanges sont le meilleur cadeau que le Pr aurait voulu recevoir avant de tirer sa révérence ».

La cérémonie a été marquée par des témoignages très émouvants, dont celui de Mgr Anselme Titiama Sanon, qui se considère comme disciple de Joseph, « une intelligence chercheuse de la nouvelle culture africaine. » Le public présent a également beaucoup appris du Professeur à travers le témoignage de M. Aimé Damiba, proche collaborateur de Joseph Ki-Zerbo en son temps.

Une exposition pour (Re) découvrir Joseph Ki-Zerbo et son œuvre

Ce vendredi 2 décembre a eu lieu le vernissage de l’exposition photographique dédiée à Joseph Ki-Zerbo, dans le cadre du 10e anniversaire posthume du Professeur. Une cérémonie a réuni de nombreuses personnalités, acteurs du monde universitaire, compagnons du Pr. et amis de la famille, au sein de l’Université Ouaga I Pr. Joseph Ki-Zerbo pour rendre un hommage à l’illustre disparu et le redécouvrir à travers l’exposition.

L’exposition photographique est intitulé « Joseph Ki-Zerbo : un homme, une vision, plusieurs combats ». Elle constitue une des activités centrales du 10e anniversaire posthume du Pr. et s’adresse surtout aux jeunes pour leur permettre de « s’édifier en allant à la rencontre du Professeur ».

L’exposition est faite essentiellement de photos relatant sa vie multidimensionnelle, d’extraits de son œuvre scientifique, de ses livres ainsi que des films documentaires. « L’audiovisuel est un volet important de cette exposition. Il permet de réentendre et reconnaître sa voix, de le revoir, de le reconnaître et d’avoir la sensation d’être physiquement en face de lui », a expliqué Françoise Ki-Zerbo, l’Administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le Développement Endogène de l’Afrique. Dans le nouveau bâtiment des laboratoires, situé côté nord de l’UFR/SDS, une salle est réservée à l’exposition photographique, à l’exposition-vente de livres du Professeur, et une autre aux projections. Les Burkinabè ont la possibilité de visiter l’exposition entre le 3 et le 11 décembre 2016.

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo : une commémoration sous le signe du devoir de mémoire

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo : une commémoration sous le signe du devoir de mémoire Le 4 décembre 2016 marquera le dixième anniversaire du décès de l’historien et homme politique burkinabè, Joseph Ki-Zerbo. Pour commémorer l’an 10 de sa disparition, la Fondation qui porte son nom, en collaboration avec l’Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki Zerbo et d’autres organisations, ont prévu une série d’activités. Le contenu du programme et les grandes lignes de l’hommage ont été rendues publiques ce jeudi 24 novembre 2016 au cours d’un point de presse tenu à Ouagadougou par le comité d’organisation.

Selon l’administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo, Françoise Ki-Zerbo, cette commémoration du 10e anniversaire posthume de l’illustre disparu vise à faire connaitre l’œuvre et la vie multidimensionnelle de l’homme.

« Cette commémoration est placée sous le signe du devoir de mémoire. Les fils et filles du Burkina Faso se doivent de se rappeler de tous les devanciers et de tous ceux qui se sont investis littéralement pour que nous puissions aujourd’hui vivre dans ce pays et dans les conditions que nous connaissons », a indiqué Me Françoise Ki-Zerbo pour qui le Pr Ki-Zerbo fait amplement partie des devanciers qui ont tout donné pour le Burkina Faso et l’Afrique.

Plusieurs activités sont ainsi prévues du 4 au 9 décembre 2016 à Ouagadougou et à Toma, ville natale de l’historien. Il est prévu, entre autres, une exposition photographique sur la vie de l’homme intitulé : Un homme, une vision et plusieurs combats. Cette exposition montrera son parcours de sa naissance au dernier soir de sa vie et ses cotés chercheur, politique et philosophique. L’exposition se déroulera du 2 au 11 décembre à l’université Ouaga 1. A la suite de cela, une soirée culturelle de l’association Génération Joseph Ki-Zerbo est prévue le 4 décembre toujours à l’université de Ouagadougou.

La présentation publique des mélanges, un ouvrage collectif de chercheurs dédié à la pensée du défunt professeur interviendra le 6 décembre. Constitué d’une soixantaine d’articles scientifiques, ce livre a été baptisé : Développement endogène de l’Afrique et mondialisation, une relecture de la pensée du Pr Joseph Ki-Zerbo.

Le 9 décembre, la fondation et ses partenaires procéderont à la remise de 300 ouvrages à l’Institut des sciences des sociétés. L’objectif est de permettre aux jeunes chercheurs et autres acteurs d’apprécier la pensée et les thèmes abordés par l’historien.

A Toma, ville natale du Professeur, la jeunesse de la localité a prévu un ciné débat.

« Le Pr Joseph Ki-Zerbo a insisté sur les liens générationnels et il a aussi expliqué que les liens sont plus importants que les biens. J’appelle toute la jeunesse à laquelle il a laissé un message et un testament, à venir s’approprier ses idées, à mieux connaitre l’homme mais aussi ses idées », a exhorté la première responsable de la Fondation.

La présente commémoration est placée sous la présidence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, et le parrainage du ministre en charge de la Culture et de celui de l’Enseignement supérieur. En rappel, Joseph Ki-Zerbo est un historien et homme politique burkinabè. Né le 21 juin 1922 il est décédé le 4 décembre 2016. Jusqu’à ce jour, il est considéré comme un panafricaniste et le promoteur du développement endogène.

Dimitri Kaboré