Me Françoise Ki-Zerbo : « En réalité, tout le monde s’est développé de façon endogène »

Qu’est-ce que le concept de « développement endogène » ? A l’occasion de la commémoration du 10e anniversaire posthume du Pr. Joseph Ki-Zerbo, Françoise Ki-Zerbo, administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour le développement endogène de l’Afrique, reviens sur le sens du développement endogène.

Joseph Ki-Zerbo a tenu à donner sa définition du terme « développement  » lui-même importé qui signifie selon lui « bien sûr avoir, savoir, mais surtout pouvoir. » Selon lui « Se développer, c’est multiplier ses possibilités de choix libérateurs. » « Se développer, c’est être, être toujours plus, se reproduire et pas seulement produire. Participer par co-responsabilité. »

En pédagogue, Joseph Ki-Zerbo a pris le soin de définir avec précision, les concepts de « développement » et de « développement endogène ».

Le développement c’est le passage de soi à soi-même à un niveau supérieur. Le développement est la multiplication des choix quantitatifs et qualitatifs.

Dans son livre « A quand l’Afrique ? » Il nous dit : « Si on se développe, c’est en tirant de soi-même les éléments de son propre développement. En réalité, tout le monde s’est développé de façon endogène. Personne ne s’est installé sur la place publique en tendant sa sébile dans la main en attendant d’être développé. »

Chez Joseph Ki-Zerbo, le concept du développement endogène ne relève pas de la théorie pure. Dans le livre intitulé « POUR UN DEVELOPPEMENT ENDOGENE DE L’AFRIQUE. La natte des autres » Joseph Ki-Zerbo insiste sur la nécessité de se connaître pour se développer véritablement. Selon lui, il faut « … aller d’abord au cœur des terroirs, sur le terrain ; ne théoriser qu’à partir de l’exploration concrète, faire ce détour en nous-même, qui, bien que semé d’embûches et d’épreuves, demeure la voie royale pour déboucher honorablement à terme, dans le vaste océan du monde. »

Il précise que ce mouvement vers nous-même ne doit pas être considéré comme étant nostalgique ou romantique comme une fuite en arrière, mais doit être réaliste et déterminé, comme la quête d’un tremplin pour mieux atteindre l’avenir.

Le concept de développement endogène

Le concept de développement endogène est au cœur de l’œuvre du Professeur Joseph Ki-Zerbo.

A l’occasion de la célébration du dixième anniversaire posthume du Pr. Joseph Ki-Zerbo, Me Françoise Ki-Zerbo a accordée une interview à la télévision Burkina Info dans laquelle elle a abordé largement la notion de développement endogène. Voici, dans les lignes qui suivent, un extrait de cet entretient, concernant la place qu’occupe le concept de développement endogène dans le vaste champ de l’œuvre de Joseph Ki-Zerbo.

Le concept de développement endogène est au cœur de l’œuvre, de la réflexion et de l’action du Professeur Joseph Ki-Zerbo. Dans le MESSAGE A LA JEUNESSE AFRICAINE de Joseph Ki-Zerbo (qui s’adresse en réalité à tous les enfants du Continent) contenu dans son premier livre posthume intitulé « REPERES POUR L’AFRIQUE » composé de textes sélectionnés par lui-même :

L’Afrique a une histoire. L’Afrique, berceau de l’humanité, a enfanté l’histoire. Malgré des obstacles géants, des épreuves majeures et des erreurs tragiques, l’Afrique a illustré notre aptitude au changement et au progrès : notre historicité. Mais celle-ci doit, par la conscience historique, gouverner les trois moments du temps : le passé, le présent et la projection vers l’avenir. L’invocation par nous du passé seul, du passé simple, ne prouve rien pour le présent et l’avenir, alors que la convocation d’un présent médiocre ou calamiteux comme témoin à charge contre nous, peut mettre en doute notre passé et mettre en cause notre avenir. C’est pourquoi chaque Africaine, chaque Africain doit être, ici et maintenant, une valeur ajoutée.

Il faut rappeler qu’en 1972, Joseph Ki-Zerbo écrivait le livre de référence « Histoire de l’Afrique de noire. D’hier à demain ».

Il l’a dit et rappelé : LE DEVELOPPEMENT SERA ENDOGENE OU NE SERA PAS.

Pour Joseph Ki-Zerbo, le développement n’est pas une course olympique. Il faut rejeter dès le départ cette idée fixe tellement nocive qui consiste à dire : « Il y a des pays qui sont en retard et ce retard, ils doivent le rattraper par un transfert d’un certain nombre de procédures, de procédés, de techniques qui leur permettront d’absorber ce retard. Avec cette approche, nous sommes sûrs que tout sera perdu, non seulement la culture mais aussi le développement économique et matériel lui-même.

Source : Extrait de l’entretient accordé à la télévision Burkina Info par Me Françoise Ki-Zerbo

Des mélanges offerts au Pr. Joseph Ki-Zerbo à l’occasion des dix ans de sa disparition

« Développement endogène de l’Afrique et mondialisation. Une relecture de la pensée du Pr Joseph Ki-Zerbo ». C’est le titre donné à l’œuvre collective dédiée au Professeur Joseph Ki-Zerbo, présentée ce mardi 6 décembre 2016 au sein de l’Université Ouaga I Pr. Joseph Ki-Zerbo. L’un des moments forts de la commémoration du 10e anniversaire posthume du Professeur Joseph Ki-Zerbo fut la présentation, cet après-midi du mardi 6 décembre, des mélanges offerts au Professeur. Il s’agit de contributions d’intellectuels africains et du monde à travers 61 articles produits suivant une quinzaine d’axes de la pensée de l’illustre historien, sous la coordination des Professeurs Fernand Sanou et Alain Joseph Sissao. Les contributions sont regroupées en trois grandes parties que sont : l’Identité, le Développement endogène, l’Intégration africaine. L’œuvre collective de 1302 pages a été préfacée par le Pr. Filiga Michel Sawadogo, ministre des enseignements secondaires et supérieurs. Selon lui, la publication de l’ouvrage collectif est encourageante pour l’héritage laissé par le Professeur Joseph Ki-Zerbo. Il a interpellé les étudiants et enseignants à poursuivre l’œuvre du Pr. Joseph Ki-Zerbo dont l’héritage appartient désormais à toutes les disciplines.

Pour l’Administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo, Me Françoise Ki-Zerbo cette œuvre collective est « la preuve que la pensée du Pr est vivante ». Le Pr. Amadé Badini a, pour sa part, affirmé que « Ces mélanges sont le meilleur cadeau que le Pr aurait voulu recevoir avant de tirer sa révérence ».

La cérémonie a été marquée par des témoignages très émouvants, dont celui de Mgr Anselme Titiama Sanon, qui se considère comme disciple de Joseph, « une intelligence chercheuse de la nouvelle culture africaine. » Le public présent a également beaucoup appris du Professeur à travers le témoignage de M. Aimé Damiba, proche collaborateur de Joseph Ki-Zerbo en son temps.

Une exposition pour (Re) découvrir Joseph Ki-Zerbo et son œuvre

Ce vendredi 2 décembre a eu lieu le vernissage de l’exposition photographique dédiée à Joseph Ki-Zerbo, dans le cadre du 10e anniversaire posthume du Professeur. Une cérémonie a réuni de nombreuses personnalités, acteurs du monde universitaire, compagnons du Pr. et amis de la famille, au sein de l’Université Ouaga I Pr. Joseph Ki-Zerbo pour rendre un hommage à l’illustre disparu et le redécouvrir à travers l’exposition.

L’exposition photographique est intitulé « Joseph Ki-Zerbo : un homme, une vision, plusieurs combats ». Elle constitue une des activités centrales du 10e anniversaire posthume du Pr. et s’adresse surtout aux jeunes pour leur permettre de « s’édifier en allant à la rencontre du Professeur ».

L’exposition est faite essentiellement de photos relatant sa vie multidimensionnelle, d’extraits de son œuvre scientifique, de ses livres ainsi que des films documentaires. « L’audiovisuel est un volet important de cette exposition. Il permet de réentendre et reconnaître sa voix, de le revoir, de le reconnaître et d’avoir la sensation d’être physiquement en face de lui », a expliqué Françoise Ki-Zerbo, l’Administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’Histoire et le Développement Endogène de l’Afrique. Dans le nouveau bâtiment des laboratoires, situé côté nord de l’UFR/SDS, une salle est réservée à l’exposition photographique, à l’exposition-vente de livres du Professeur, et une autre aux projections. Les Burkinabè ont la possibilité de visiter l’exposition entre le 3 et le 11 décembre 2016.

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo : une commémoration sous le signe du devoir de mémoire

10 ans du décès de Joseph Ki Zerbo : une commémoration sous le signe du devoir de mémoire Le 4 décembre 2016 marquera le dixième anniversaire du décès de l’historien et homme politique burkinabè, Joseph Ki-Zerbo. Pour commémorer l’an 10 de sa disparition, la Fondation qui porte son nom, en collaboration avec l’Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki Zerbo et d’autres organisations, ont prévu une série d’activités. Le contenu du programme et les grandes lignes de l’hommage ont été rendues publiques ce jeudi 24 novembre 2016 au cours d’un point de presse tenu à Ouagadougou par le comité d’organisation.

Selon l’administratrice générale de la Fondation Joseph Ki-Zerbo, Françoise Ki-Zerbo, cette commémoration du 10e anniversaire posthume de l’illustre disparu vise à faire connaitre l’œuvre et la vie multidimensionnelle de l’homme.

« Cette commémoration est placée sous le signe du devoir de mémoire. Les fils et filles du Burkina Faso se doivent de se rappeler de tous les devanciers et de tous ceux qui se sont investis littéralement pour que nous puissions aujourd’hui vivre dans ce pays et dans les conditions que nous connaissons », a indiqué Me Françoise Ki-Zerbo pour qui le Pr Ki-Zerbo fait amplement partie des devanciers qui ont tout donné pour le Burkina Faso et l’Afrique.

Plusieurs activités sont ainsi prévues du 4 au 9 décembre 2016 à Ouagadougou et à Toma, ville natale de l’historien. Il est prévu, entre autres, une exposition photographique sur la vie de l’homme intitulé : Un homme, une vision et plusieurs combats. Cette exposition montrera son parcours de sa naissance au dernier soir de sa vie et ses cotés chercheur, politique et philosophique. L’exposition se déroulera du 2 au 11 décembre à l’université Ouaga 1. A la suite de cela, une soirée culturelle de l’association Génération Joseph Ki-Zerbo est prévue le 4 décembre toujours à l’université de Ouagadougou.

La présentation publique des mélanges, un ouvrage collectif de chercheurs dédié à la pensée du défunt professeur interviendra le 6 décembre. Constitué d’une soixantaine d’articles scientifiques, ce livre a été baptisé : Développement endogène de l’Afrique et mondialisation, une relecture de la pensée du Pr Joseph Ki-Zerbo.

Le 9 décembre, la fondation et ses partenaires procéderont à la remise de 300 ouvrages à l’Institut des sciences des sociétés. L’objectif est de permettre aux jeunes chercheurs et autres acteurs d’apprécier la pensée et les thèmes abordés par l’historien.

A Toma, ville natale du Professeur, la jeunesse de la localité a prévu un ciné débat.

« Le Pr Joseph Ki-Zerbo a insisté sur les liens générationnels et il a aussi expliqué que les liens sont plus importants que les biens. J’appelle toute la jeunesse à laquelle il a laissé un message et un testament, à venir s’approprier ses idées, à mieux connaitre l’homme mais aussi ses idées », a exhorté la première responsable de la Fondation.

La présente commémoration est placée sous la présidence du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, et le parrainage du ministre en charge de la Culture et de celui de l’Enseignement supérieur. En rappel, Joseph Ki-Zerbo est un historien et homme politique burkinabè. Né le 21 juin 1922 il est décédé le 4 décembre 2016. Jusqu’à ce jour, il est considéré comme un panafricaniste et le promoteur du développement endogène.

Dimitri Kaboré

10ème anniversaire posthume du Pr Joseph Ki-Zerbo : La Fondation Joseph Ki-Zerbo était chez le premier ministre

Conduite par son administratrice générale Françoise Ki-Zerbo, une délégation de la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’histoire et le développement endogène a été reçue en audience par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Les préparatifs de la commémoration du 10ème anniversaire du décès du professeur étaient à l’ordre du jour. C’était ce mercredi 9 novembre 2016.
Dix ans après la disparition de l’illustre professeur, la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’histoire et le développement endogène veut mieux faire connaître son œuvre. Et cela, à travers la commémoration de son anniversaire posthume. Mais avant, il convenait de trouver un patron pour cette activité. « Nous sommes venus à la rencontre du Premier ministre parce qu’à titre de rappel, Joseph Ki -Zerbo nous a quittés le 4 décembre 2006. La fondation prépare la commémoration de son dixième anniversaire et le Premier ministre a accepté le patronage de cette cérémonie commémorative » a signifié Françoise Ki-Zerbo.
Raison pour laquelle, par la présente rencontre, la Fondation a livré les informations relatives à ladite commémoration en vue de recueillir les avis et conseils du Premier ministre. « Le Premier ministre a eu une oreille attentive et nous a rassurés du fait de la pérennisation de l’œuvre de Joseph Ki- Zerbo qui s’est investi pour son pays natal qui est le Burkina Faso et l’Afrique, son continent qu’il a tant aimé » a confié Françoise Ki-Zerbo, précisant que les différents membres de la délégation repartent satisfaits de cet échange. De l’avis de Françoise Ki-Zerbo, ce 10ème anniversaire est une « occasion pour chacun d’entre nous qui doit se considérer comme africain, africaine, soit une valeur ajoutée comme il l’a dit ».
Créée en janvier 2010, la Fondation Joseph Ki-Zerbo pour l’histoire et le développement endogène fait suite au Centre d’études pour le développement africain (CEDA), une institution fondée 1980 à l’initiative du professeur Joseph Ki Zerbo. « On ne développe pas, on se développe » telle est la devise de la Fondation, « une idée forte » du Professeur.

Source : Lefaso.net (http://lefaso.net/spip.php ?article74127)